lundi 15 janvier 2007

A la rue ...suite

Pour répondre à Nico, je crois qu’en économie personne n’a véritablement raison, mis à part bien entendu ces grands penseurs dont les grandes théories qu’ils tiennent sont basées sur certaines hypothèses souvent bien éloignées des réalités...mais tellement convaincantes et sexy’s lorsqu’elles sont exposées avec brio…
Ca me rappelle ce professeur d’histoire de la pensée économique qui stratifiait les « écrits économiques » selon trois niveaux : théorique –seul qui valait quelque chose -, économétrique – vérificateur de la théorie uniquement -, journalistique – celui qui ne saurait rien-

S’agissant de l’immobilier, on peut bien sûr se référer à la loi de l’offre et de la demande, faire état d’une pénurie de logement et en conclure à une hausse continue et infinie du marché. Pourtant, comme la bourse et comme les arbres, l’immobilier ne montera pas au ciel. C’est une quasi-certitude.

Premièrement, la pénurie de logement ne concerne que certaines zones en France. Même s'il est vrai que trouver un logement à Paris relève du parcours du combattant, qui peut encore se loger décemment à Paris ? Difficile en tous les cas pour ces 80% de français qui gagnent moins de 2'000 euros par mois.
Paris vaut-elle réellement 50% de salaire dans un logement ? La France ne se dirigerait-elle pas inexorablement vers un massif exode urbain ?

Deuxièmement, la hausse des taux d’intérêts représente un facteur dans l’évolution de l’immobilier. Plus le coût de l’emprunt sera élevé, plus je devrai contenir mes dépenses, plus j’arbitrerai pour la location…
Pourtant, la hausse des taux peut ne pas stopper celle de l’immobilier si elle ne s’avère pas suffisamment contraignante en termes de restrictions budgétaires futures pour l’acheteur. Mais lorsque les prix atteignent les niveaux actuels, toute hausse de taux alourdit considérablement la facture. Aujourd’hui, c’est la tendance…

Troisièmement, il y a l’élément psychologique : tant que ca monte, tout le monde achète et peu importe les restrictions futures puisque « l’on sait que ca va continuera à monter ».
On surfe ici sur la vague immobilière qui s’alimente par d’autres facteurs encore comme les facilités bancaires (prêts à hauteur de 110% de la valeur du bien pour couvrir les frais de notaire, diminution des mensualités par l’allongement de la durée de l’emprunt), les déductions fiscales (loi de Robien), etc.

Quand le niveau des prix ne permet plus l’achat sans consentir d’importants sacrifices, quand les taux prennent l’ascenseur et quand les haussiers n’accèdent plus au blanc-seing des médias, c’est temps de quitter la barque.

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