vendredi 2 février 2007

Au secours du CHF...

Au premier janvier 2003, l’Euro cotait 1.45 face au franc suisse.
Au 1er février 2007, il cotait 1.62, soit une appréciation de 12% sur 4 ans et un plus haut atteint depuis 7 ans.

D’aucuns se sont empressés de prédire l’accélération de la poursuite d’une dépréciation du franc face à l’euro. Dépréciation qui serait synonyme de faiblesse.

Pourtant, les données économiques de la zone Euro n’ont pas à faire rougir une Suisse qui dégage des excédents commerciaux importants et dont les finances publiques demeurent relativement seines en comparaison de quelques Etats européens voraces dont les dettes publiques dépassent la valeur des richesses produites au cours d’un exercice.

En théorie, des échanges commerciaux excédentaires sont favorables à l’évolution de la monnaie domestique puisque celle-ci est davantage demandée dans le cadre de telles transactions.
En pratique, les transactions commerciales ne comptent que marginalement dans la détermination du cours de change, du fait des sommes échangées sur le marché des devises.

« En 2002, les transactions relatives à l’économie réelle n’occupent qu’une part infime du total des transactions. En effet du coté des transactions relatives aux biens et services (32Tera dollar - 1 tera dollar = 1'000 milliar de dollar -, le PIB mondial de l’année 2002), elles ne se montent qu’à un peu moins de 3% des paiements de la planète.
Du coté des transactions commerciales, elles s’élèvent à 2% des transactions qui se réalisent sur le marché des changes. Les transactions sur dérivés, de change et financières représentaient 1'123 Tera dollards en 2002 soit, 98% des transactions» Le nouveau mur de l’argent – Francois Morin, p.47- 48.

En Avril 2004, plus de 2'020 milliards étaient en moyenne journalièrement échangés sur le marché des changes. Aujourd’hui, c’est pas loin de 3'000 milliards.

Ces chiffres permettent de comprendre assez aisément que l’évolution actuelle du cours d'une monnaie peut rapidement dévier de sa valeur réelle.

En pratique toujours, on constate que les investisseurs empruntent dans les monnaies à bas prix et placent le capital dans les devises à rendements plus élevés.
Ainsi, le suiveur de marché a pu dernièrement constater l’appréciation du dollar face au yen – USD/JPY pour les praticiens -. Les taux servis sur le Yen tendant vers 0 alors que les bons du Trésor US rémunéraient aux alentours des 5%.

Pour la paire Euro/CHF, la dialectique précédemment énoncée peut expliquer la faiblesse du franc : avec un différentiel de taux voisin de 2%, les investisseurs préfèrent emprunter des francs suisses pour placer en euros plutôt que faire l'invese.
Au surplus, la dépréciation du franc coïncide avec la remontée des taux européens et ce, en contradiction avec la fameuse théorie de la parité des taux d’intérêt…enseignée à l’université tel un dogme martelé dans un cocus (mais pas tous!)...

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