mardi 6 mars 2007

Sondages, suite

A l’heure où Bayrou atteint pour la première fois la barre des 20% d’intentions de vote au premier tour, soit près de 15% de plus qu’il y a quelques mois, il est légitime de se poser quelques interrogations sur la manière avec laquelle les résultats des sondages sont obtenus.

Le brillant et insupportable Yves Calvi animait hier un « C’est dans l’air » consacré aux sondages avec comme invités les directeurs des principaux instituts français.
Après avoir d’emblée de cause souligné que les sondages n’étaient qu’une photographie d’intentions à un moment donné le 21 avril 2002 n’était donc par définition pas prévisible – on n’hésita pas à afficher le respect que l’on avait les uns pour les autres, on montra en quelques sortes comment la corporation sera soudée face aux inéluctables reproches qui surviendront comme à l’accoutumée à la suite d'une élection.

Hier soir, on apprit surtout que chaque institut disposait de sa propre recette - de surcroit secrète – qui permet d’obtenir des résultats différenciés – souvent relativement proches les uns des autres, parfois plus éloignés -.
Par exemple, afin de ne pas répéter l’erreur du 21 avril, on apprit qu’un institut utilise le facteur multiplicateur de 1.7 pour évaluer les intentions de votes accordées à LePen : en clair, si 10 sondés sur 100 déclarent qu’ils voteraient LePen au premier tour si l’élection avait lieu aujourd’hui, l’institut conclut que 17% - 10%*1.7 - voteraient LePen.
Mécaniquement, l’institut applique des facteurs multiplicateurs propres à chacun des candidats sur la base d’obscures considérations historiques.

Non content d’avoir plongé l’auditeur dans l'univers bien étrange des sondeurs, YC passa sans détour au degré supérieur : l'incantation, la magie ou plus précisément la prédiction du résultat de l’élection présidentielle sur la base d’un modèle économétrique à deux paramètres concocté par un professeur de sciences politiques.
En clair, le résultat de l’élection présidentielle serait fonction de deux paramètres : la popularité du Président sortant et le taux de chômage. Le professeur l’affirmait comme une vérité d’église : « Ségolène gagnera avec 51.5%, le modèle fonctionne avec toutes les élections présidentielles sauf celle de VGE en 1974… ».
A quoi bon continuer la bataille électorale alors que le résultat est d'ores et déjà connu...

Cela ressemble furieusement aux modèles mathématiques de finances de marchés développés à partir d'historiques de cours et à priori capables de rapporter de l’argent.
Dans les faits, ils n’obtiennent pas les résultats escomptés puisque le passé ne se répète jamais intégralement.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

plus on s'approche de l'échéance plus je me dis que ce sera Bayrou !
plo

Anonyme a dit…

Donc on y arrive gentiment... Le passé ne saurait totalement expliquer l'avenir, et la volonté farouche de tant de personne à vouloir rationaliser le comportement des humains va amener à quelques réveils pénibles ... Demandons, par exemple aujourd'hui à ceux qui travaillent chez Airbus quelle est leur intention de vote et si celle-ci à changé depuis 15 jours ...