Sondages, suite
A l’heure où Bayrou atteint pour la première fois la barre des 20% d’intentions de vote au premier tour, soit près de 15% de plus qu’il y a quelques mois, il est légitime de se poser quelques interrogations sur la manière avec laquelle les résultats des sondages sont obtenus.
Le brillant et insupportable Yves Calvi animait hier un « C’est dans l’air » consacré aux sondages avec comme invités les directeurs des principaux instituts français.
Après avoir d’emblée de cause souligné que les sondages n’étaient qu’une photographie d’intentions à un moment donné – le 21 avril 2002 n’était donc par définition pas prévisible – on n’hésita pas à afficher le respect que l’on avait les uns pour les autres, on montra en quelques sortes comment la corporation sera soudée face aux inéluctables reproches qui surviendront comme à l’accoutumée à la suite d'une élection.
Hier soir, on apprit surtout que chaque institut disposait de sa propre recette - de surcroit secrète – qui permet d’obtenir des résultats différenciés – souvent relativement proches les uns des autres, parfois plus éloignés -.
Par exemple, afin de ne pas répéter l’erreur du 21 avril, on apprit qu’un institut utilise le facteur multiplicateur de 1.7 pour évaluer les intentions de votes accordées à LePen : en clair, si 10 sondés sur 100 déclarent qu’ils voteraient LePen au premier tour si l’élection avait lieu aujourd’hui, l’institut conclut que 17% - 10%*1.7 - voteraient LePen.
Hier soir, on apprit surtout que chaque institut disposait de sa propre recette - de surcroit secrète – qui permet d’obtenir des résultats différenciés – souvent relativement proches les uns des autres, parfois plus éloignés -.
Par exemple, afin de ne pas répéter l’erreur du 21 avril, on apprit qu’un institut utilise le facteur multiplicateur de 1.7 pour évaluer les intentions de votes accordées à LePen : en clair, si 10 sondés sur 100 déclarent qu’ils voteraient LePen au premier tour si l’élection avait lieu aujourd’hui, l’institut conclut que 17% - 10%*1.7 - voteraient LePen.
Mécaniquement, l’institut applique des facteurs multiplicateurs propres à chacun des candidats sur la base d’obscures considérations historiques.
Non content d’avoir plongé l’auditeur dans l'univers bien étrange des sondeurs, YC passa sans détour au degré supérieur : l'incantation, la magie ou plus précisément la prédiction du résultat de l’élection présidentielle sur la base d’un modèle économétrique à deux paramètres concocté par un professeur de sciences politiques.
En clair, le résultat de l’élection présidentielle serait fonction de deux paramètres : la popularité du Président sortant et le taux de chômage. Le professeur l’affirmait comme une vérité d’église : « Ségolène gagnera avec 51.5%, le modèle fonctionne avec toutes les élections présidentielles sauf celle de VGE en 1974… ».
Non content d’avoir plongé l’auditeur dans l'univers bien étrange des sondeurs, YC passa sans détour au degré supérieur : l'incantation, la magie ou plus précisément la prédiction du résultat de l’élection présidentielle sur la base d’un modèle économétrique à deux paramètres concocté par un professeur de sciences politiques.
En clair, le résultat de l’élection présidentielle serait fonction de deux paramètres : la popularité du Président sortant et le taux de chômage. Le professeur l’affirmait comme une vérité d’église : « Ségolène gagnera avec 51.5%, le modèle fonctionne avec toutes les élections présidentielles sauf celle de VGE en 1974… ».
A quoi bon continuer la bataille électorale alors que le résultat est d'ores et déjà connu...
Cela ressemble furieusement aux modèles mathématiques de finances de marchés développés à partir d'historiques de cours et à priori capables de rapporter de l’argent.
Dans les faits, ils n’obtiennent pas les résultats escomptés puisque le passé ne se répète jamais intégralement.
2 commentaires:
plus on s'approche de l'échéance plus je me dis que ce sera Bayrou !
plo
Donc on y arrive gentiment... Le passé ne saurait totalement expliquer l'avenir, et la volonté farouche de tant de personne à vouloir rationaliser le comportement des humains va amener à quelques réveils pénibles ... Demandons, par exemple aujourd'hui à ceux qui travaillent chez Airbus quelle est leur intention de vote et si celle-ci à changé depuis 15 jours ...
Enregistrer un commentaire