Les politiques du pire
A l’heure où le prix du pétrole tutoie ses sommets historiques, où la diplomatie française pointe l’Iran comme une cible militaire réelle, où Alan Greenspan, ancien Président de la réserve fédérale américaine, publie ses mémoires et ses perspectives et où l’actuel Président de la réserve fédérale, Ben Bernanke, est en passe de communiquer ses solutions à la complexe équation politico-économico-financière américaine, tant le peuple français que Wall Street risquent de sévèrement déchanter.
Lorsque le Président français passait quelques journées estivales aux Etats-Unis, ce n'était pas pour « cueillir des fraises ». Si la problématique iranienne a trouvé à ce moment là un consensus franco-américain, c’est sans les français que cela s’est noué. Souvenez-vous du volet politique étrangère de la campagne électorale du Président français... Non, votre mémoire ne flanche pas, la question de l’Iran et du rapprochement franco-américain dans ce cadre n’a bien évidemment pas été évoqué…
Lorsque dans ses écrits, Alan Greenspan évoque d’importants et futurs risques inflationnistes qui sont de nature à justifier et à encourager la fermeté actuelle de Ben Bernanke quant au niveau des taux d’intérêts américains, c’est bien l’image du pompier pyromane qui me vient à l’esprit.
Dans un cas comme dans l’autre, les recettes de politiques du pire ont encore une fois été appliquées. Dans un cas comme dans l’autre, ces recettes faciles ont apporté succès personnel ou prospérité virtuelle à très court terme. Accès à la magistrature suprême pour l’un, boom de l’économie américaine financée par le reste du monde à l’actif de l’autre.
L’inconvénient des politiques du pire – qui est de taille – c’est leurs effets néfastes à moyen terme sur le plus grand nombre.
Le nouveau déficit démocratique crée par la position du Président français est une épine supplémentaire dans le pied d’institutions françaises inadaptées et à réformer.
Quant aux effets dramatiques et douloureux des « subprimes » - produits finis de la politique monétaire menée par A. Greenspan ces dernières années-, c’est naturellement les plus faibles qui auront à en souffrir ces prochaines années.
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