mardi 9 janvier 2007

De la prédiction des marchés...




L'excellent article du Temps du 20 novembre 2006 traite de la prédiction des marchés financiers, sujet au combien brulant tant les enjeux économiques qui lui sont liés sont importants.

En réalisant un test particulier, un chercheur démontre que les cours ne peuvent être prédits par des programmes mathématiques construits sur la base d’historiques boursiers :

« Il est impossible de prédire les marchés financiers. Les programmes qui prétendent le faire ne font qu'imiter le passé et ne peuvent en aucun cas surperformer dans le futur à long terme.»
C'est la conclusion de Karim Benzineb. Le patron de MetaRead, une start-up de Plan-les-Ouates issue il y a cinq ans et demi du Centre universitaire d'informatique de l'Université de Genève, se spécialise dans l'analyse de gros volumes de données.

On peut dire que cette recherche colle à la vision universitaire globale qui plaide pour l’efficience des marchés. Autrement dit, il est impossible d’engranger des profits sur la base d’une information publique (efficience semi-forte) ou privé (efficience forte) immédiatement « intégrée » dans les cours. Divers tests d’efficience vont dans ce sens.

Problème: «Pour prédire le futur, même à une demi-journée près, le test n'a pas du tout marché.» Pourquoi? Parce que la Bourse s'apparente à un phénomène naturel, tant les facteurs qui l'influencent sont nombreux et imprévisibles. C'est un système qui se définit par le chaos au sens mathématique du terme. «Nos travaux ont donc confirmé ce qu'a dit le livre de Benoît Mandelbrot».
Dans son best-seller de 2004 The Misbehavior of Markets: A Fractal View of Risk, Ruin and Reward, Benoit Mandelbrot explique que l'on ne peut pas prédire la Bourse: au lieu d'être un système fermé, rationnel avec des comportements typiques, et donc prévisible, la Bourse est un système totalement ouvert, chaotique, et basé sur des millions de décisions individuelles non rationnelles, car les acteurs agissent selon leur perception subjective du risque et non selon la réalité objective de ce risque.

A l’instar de décisions politique sur lesquelles on pourrait parier, on peut effectivement aller dans le sens de Benoit Mandelbrot expliquant que la Bourse est influencée par de nombreux et imprévisibles facteurs. En ce sens, il parait éminemment complexe de prédire une évolution des cours boursiers qui découlerait de centaines de milliers de décisions prises par des centaines de milliers d’acteurs sur la base d’anciennes, récentes, et nouvelles informations ; sur la base de situations personnelles, etc.

Les logiciels de trading quantitatif, qui prétendent prédire les mouvements futurs à partir des mouvements passés et réaliser des rendements supérieurs au marché, vendent une utopie. «Si vous aviez tiré à pile ou face, sur le moyen ou long terme vous auriez eu autant de chances qu'eux», soutient Karim Benzineb.

Ainsi, mieux vaudrait éviter le trading basé sur des modèles mathématiques puisqu’il n’engendre aucune performance supérieure au marché : en clair l’utilisation de logiciels de trading quantitatif est au mieux une perte de temps, au pire, relève d’un comportement proprement irrationnel et destructeur à terme (coût du stress par exemple).

Tout ce qu'on peut faire avec les programmes informatiques, ce n'est pas gagner de l'argent, mais limiter les risques grâce à une modélisation fractale, en plaçant un plafond et un plancher probables à l'intérieur desquels l'investisseur peut savoir à quoi s'attendre - sans garantie absolue», conclut le chercheur. Le risque est, au final, l'unique fonds de commerce véritable de l'industrie financière

Enfin, il est exprimé à juste titre que la gestion des risques boursiers est l’élément sur lequel tout investisseur doit avant tout se pencher. Les techniques modernes de gestion des risques comme la value at risk (VaR) qui donne – sous certaines hypothèses -la probabilité de perte ou de gain supérieur ou inférieur à un montant X d’un portefeuille boursier.

La gestion des risques doit être l’élément cardinal cadrant la décision que tout investisseur prend sur les marchés boursiers.

Fort de cette précaution, l’investisseur pourra consulter l’écotone s’agissant de l’utilisation de l’analyse technique...
Instrument qui ne repose pas sur des modèles mathématiques tant complexes qu’inefficaces mais sur une vision technique et prospective des marchés financiers qui est de nature à dynamiser le rendement des investissements…à suivre…



Suite...


"Moi" commentait le billet d'hier comme suit : « Ce genre d'analyse est comme toujours, très naïve. Le but des programmes d'investissement, n'est plus depuis bien longtemps, de "prédire" un quelconque avenir boursier, mais de le "fabriquer".Et je t'assure que ca marche au dela de espèrance. si tu n'es pas convaincu, regarde les résultats des fonds un peu exotique ».
Naïveté mis à part, -j'espère que « Moi » m'en excusera - « Moi » pose une excellente question en affirmant sa vérité boursière :
Les logiciels informatiques de trading ne cherchent pas à prédire mais à déterminer et fabriquer l'évolution des cours boursiers.
Cela laisse franchement songeur.
Dans quelle mesure des logiciels de trading pourraient-ils aboutir à un tel objectif ? Instinctivement, je dirais que ces logiciels devraient à la fois donner les mêmes stratégies de trading et être utilisés par une de nombreux investisseurs afin que les volumes soient suffisamment importants pour influencer les cours.
Serait-ce le cas ?

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